Tu te demandes comment un homme tout à fait normal, ayant été bien élevé par ses parents, peut devenir un tueur de sang froid?
Tout simplement.
D’après les statistiques du FBI, 89% des tueurs en séries sont des hommes. Les statistiques m’ont donc désigné comme pouvant être un tueur. Mais la vraie raison pour laquelle les tueurs sont des hommes, n’est-ce pas que la société nous pousse à monter en grade, à obtenir du pouvoir ? Quel pouvoir est plus absolue que le choix de vie ou de mort?
Moi ce n’est pas la recherche du pouvoir qui m’a amené à tuer la première personne, ce n’était qu’un accident. Nous étions, mon meilleur ami et moi, en train de nous promener en vélo. Nous avions 14ans.
Nous nous sommes arrêté au bord d’un lac pour nous reposer. Il faisait chaud, nous étions le 10juin, et nous trempions nos pieds dans l’eau fraiche.
Nous discutions, nous rigolions et à un moment, dans des jeux d’enfant, je l’ai mis au défi de manger un champignon à côté de lui. Ne voulant pas, nous nous sommes chamaillé pendant que j’essayais de lui faire manger de force.
Après avoir gagner mon combat qui s’était fini dans l’eau, nous nous séchions au soleil quand Benjamin s’est mis à s’étouffer. Affolé il se grattait la gorge comme s’il voulait en faire sortir quelque chose. Moi j’étais complètement fasciné par la scène. Je le regardais se griffer la gorge jusqu’au sang tandis que s’est yeux donnais l’impression qu’ils allaient sortir de leurs orbite. Complètement absorbé par ce spectacle, je n’ai même pas senti la forte excitation qui m’envahissait. Ce n’est que le cris d’une passante qui me fit sortir de ma transe.
J’avais donc tué mon meilleur ami, ma première victime. Je suis resté en état de choc durant plusieurs mois, ce n’était qu’un accident et la police l’a considéré comme tel. Benjamin avait ingérer des « paxilles enroulés », un champignon mortel d’un aspect banal qui ne pousse qu’en été.
Je venais de regarder un être humain mourir devant mes yeux et mes sens m’ont fait découvrir de nouvelles sensations qui m’étaient totalement inconnues. Et quel sensations !
J’ai passé plusieurs mois à fixer le mur de ma chambre, en boule sur mon lit. Je réfléchissais à la vie, à la mort, à quel point il était facile de tuer une personne. Mais je ne pouvais pas recommencer maintenant. Il ne fallait pas qu’on me soupçonne.
